Une adolescence peu commune ... Et vive la libération !!!

1945

Libération de Marseille : le jeune Lucien a 15 ans, il n'a pas un sou en poche et reste le mal-aimé de sa « famille » qu'il croise de temps à autre lors de ses errances dans les rues de la ville. Heureusement, affamé et sans-abri, il rencontre l'amour inattendu entre les bras d'une fille de coin de rue qui lui ouvrira ses bras généreux sans rien demander en retour. Puis, ce sera à Avignon, où Lucien croit se poser dans un hôtel modeste qui est en fait un lieu de mauvaise vie, appelé « bordel » dans les romans policiers ; les gentilles dames prennent en affection cet adolescent démuni durant un mois entier, « à un point qu'on n'imagine pas ; les putes en ce temps là accrochaient des lilas à la fenêtre de leur cœur de mère » écrira-t-il plus tard. Là, il vit une rencontre qui changera le cours de son existence : les dames se cotisent et lui offrent sa première guitare... Les Américains libérateurs et le Jazz feront le reste. Il a trouvé ! Il sera musicien. Dans les années qui suivent, il s'initie seul à jouer de l'instrument, faisant plus souvent qu'à son tour ce que nous appelons aujourd'hui « la manche ». Parallèlement, il travaille épisodiquement ici et là, notamment, souvenir impérissable, dans un salon comme coiffeur pour dame. Là aussi, la légende raconte que ce fut une période quasi initiatique pour cet « adorable jeune homme » qui peignait si bien les cheveux des ces dames en mal d'affection... Au moins, Lucien peut-il devenir financièrement autonome, manger à sa faim et apprendre à jouer encore mieux de la guitare avec ses nouveaux amis Américains... Il adopte un nom de scène : Roger Courcel...

 

Bientôt, il se produit dans différents clubs de Marseille et de la Côte d'Azur : le gamin a du talent, chante très bien et fait de nombreuses rencontres artistiques... et parfois un peu moins artistiques : allez savoir pourquoi « Mémé Guérini », le « parrain » marseillais le prend en affection ? Qu'importe. Bien que Roger n'ait rien à voir avec la pègre locale, on sait très vite dans le petit monde du Vieux Port qu'il est le protégé de Mémé. Ainsi vont les premières années d'après-guerre. Roger Courcel se produit régulièrement au « St James », au « Vamping », les mauvaises langues disent même que c'est Mémé Guérini qui le fait engager dans un célèbre club de Jazz de Marseille, le « Corsaire Borgne » ; là, il est remarqué par les meilleurs artistes de l'époque, quand... la Nation l'appelle sous les drapeaux.

 
 

1950

 

Dire que le passage de la vie civile à l'obligation militaire fut, pour Lucien, un changement complet de planète serait un trop doux euphémisme. Le choc de culture est si violent que le jeune appelé passe le plus clair de son temps en prison (militaire) : « ‘vais vous mater, moi ! » lui dira-t-on souvent ; il ne le fut jamais. En revanche, tout ce temps perdu entre quatre murs ne l'est pas pour Lucien qui s'abonne à... la bibliothèque de la caserne : Zola, Hermann Hesse, Platon, Homère... le disputent aux œuvres complètes du maréchal Lyautey et autres stratèges militaires de renom. Comment une bibliothèque peut-elle rassembler autant de paradoxes ? Lucien ne se pose pas la question : il lit, il découvre, il dévore durant des mois... Mais heureusement, rien n'est définitif...

 
 

1952

... Retour à la vie civile, à la guitare, au Corsaire Borgne, à la chanson... Enfin, la liberté ! Lucien Mary s'est sorti de son temps d'armée en y laissant quelques plumes, et c'est Roger Courcel qui est de retour, pour de bon cette fois. Période « bohème et vie d'artiste »...

 

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